Aruberuto Makoto : ce que montrent les vidéos complètes
Les images longues corrigent une partie du récit viral, mais confirment le filmage, la proposition d'hôtel et les propos sexuels et racistes.

Ce que change l’examen des vidéos longues
Deux nouvelles vidéos publiées sur la chaîne officielle d’Aruberuto Makoto apportent davantage d’éléments que l’extrait viral. « Regardez-la avant sa suppression : la vidéo complète » dure 38 minutes et rediffuse la séquence du direct, qu’Alberto Alonso interrompt pour la commenter. « Ma polémique est allée trop loin » est une autre réponse d’environ 38 minutes. Ces vidéos ne sont pas des documents neutres : elles sont sélectionnées et racontées par la personne mise en cause. Elles contiennent néanmoins une séquence plus longue, des aveux précis et des détails qui imposent de corriger plusieurs affirmations catégoriques.
Cette analyse confronte les sous-titres espagnols complets aux articles d’EL PAÍS, d’Infobae et de MARCA. Les horaires renvoient à la première vidéo de réponse, et non au direct original. Une transcription établit des paroles et un ordre, mais pas toujours les gestes, déplacements ou contacts hors champ.
Ce que le matériel confirme
Alonso et ses accompagnateurs filment délibérément une femme qu’il décrit lui-même comme ivre. On entend « filme » vers 04:27, « filme de loin » près de 06:25, « continue » autour de 10:25 et « filme bien » vers 13:24. « Continue » peut signifier poursuivre l’enregistrement et ne prouve pas, à lui seul, que le groupe suivait la femme avant la rencontre.
Entre 10:04 et 10:19, la femme dit chercher des amis. Vers 14:20-14:31, Alonso évoque la possibilité de lui demander si elle veut aller à l’hôtel, proposition qu’il reconnaît dans son commentaire. Entre 15:39 et 15:57, on entend les propos sexualisés au cœur de la polémique, dont « celle-ci est gratuite » et la remarque d’un accompagnateur sur le fait de la plaquer contre un mur. Les sous-titres n’identifient pas toujours les voix : l’attribution de chaque phrase doit donc rester prudente, même si l’échange lui-même n’est pas contesté.
Alonso formule aussi des aveux importants. Entre 08:31 et 09:13, il qualifie sa conduite de très laide, dit avoir mal agi et devoir présenter ses excuses. Entre 17:40 et 18:12, il reconnaît ses paroles, les juge affreuses et affirme qu’il ne recommencerait pas. Entre 19:13 et 19:57, il admet qu’il était mal de filmer directement le visage de la femme. Dans la deuxième vidéo, il répète qu’il était lui aussi très ivre et que ces commentaires étaient mauvais. L’ivresse explique un état, mais n’efface pas la responsabilité.
Ce qui n’est pas clairement démontré
La correction principale concerne les verbes suivre et poursuivre, employés par MARCA dans son titre et sa légende. Alonso affirme que la femme s’est approchée du groupe. La rediffusion commence alors que l’interaction est déjà engagée et les sous-titres ne documentent aucune poursuite préalable. Ces éléments ne permettent donc pas d’affirmer comme un fait qu’Alonso l’a poursuivie. Son propre récit ne constitue toutefois pas une preuve indépendante de tout ce qui s’est passé auparavant.
Il n’est pas davantage établi qu’Alonso ait retenu ou touché la femme, ni tenté de l’emmener physiquement à l’hôtel. Vers 21:11-21:29, il le nie et affirme que c’est elle qui l’a touché. Il s’agit de sa version. La proposition verbale d’hôtel est admise ; la transformer en tentative physique avérée ajoute un fait non démontré.
L’intervention du troisième homme
La confrontation commence vers 21:05. Les médias présentent l’homme comme un passant qui aide la femme et exige l’arrêt de l’enregistrement. Alonso prétend, sans preuve indépendante, qu’il appartient à une organisation criminelle nigériane et qu’il retient ou traîne la femme. Entre 21:11 et 22:55, il interprète ainsi les mouvements ; EL PAÍS décrit au contraire la femme agrippée au bras de l’homme. La transcription ne peut départager ces lectures visuelles.
Un aveu reste particulièrement significatif. On entend « mate », « don’t » et, selon la traduction d’Alonso, « tasukete », une demande d’aide en japonais. Entre 26:29 et 28:39, il reconnaît que la femme a demandé de l’aide plusieurs fois et dit ne pas l’avoir comprise sur le moment. Le destinataire, le ton et la traduction doivent être vérifiés dans l’audio par un japonophone, mais cet aveu empêche de décrire l’interaction comme manifestement normale.
Vers 30:20, on entend « okay, let’s go », sans savoir par les sous-titres qui part avec qui. Infobae affirme que l’inconnu repart avec la femme ; EL PAÍS indique seulement qu’Alonso réapparaît sans elle. Le dénouement ne peut être établi par le texte seul.
Racisme et hypothèses non prouvées
Des propos racistes figurent bien dans le matériel. Vers 33:41-33:56, une insulte partiellement censurée vise le troisième homme ; vers 34:10-34:24, Alonso affirme que parler japonais fait peur aux personnes noires. Il qualifie ensuite ces paroles de très malheureuses. Le contexte d’une dispute n’en efface pas le contenu.
Rien ne prouve indépendamment que la femme était travailleuse du sexe, qu’elle connaissait le troisième homme, qu’une commission existait ou que celui-ci appartenait à une organisation criminelle. Ce sont des interprétations d’Alonso. Les sources ne prouvent pas non plus une agression sexuelle, une tentative de viol ou une décision policière ou judiciaire.
Synthèse des éléments
- Confirmé ou admis : filmage délibéré ; ivresse apparente reconnue ; proposition verbale d’hôtel ; propos sexuels ; intervention d’un tiers ; langage raciste ; demandes d’aide qu’Alonso dit ne pas avoir comprises.
- Affirmé par Alonso : la femme s’est approchée la première ; elle l’a touché ; le tiers la retenait ; ils étaient liés à la prostitution ou au crime organisé.
- Affirmé ou interprété par les médias : l’homme l’a aidée ; Alonso l’a suivie ou poursuivie ; la conduite relève du harcèlement sexuel.
- Non établi : poursuite préalable, contact physique d’Alonso, tentative de déplacement vers l’hôtel, lien entre les deux personnes, affiliation criminelle, fin exacte ou qualification pénale définitive.
Conclusion éditoriale
La vidéo longue montre que toutes les formulations médiatiques n’étaient pas démontrées. « Poursuivre » va plus loin que ce qu’établissent les sous-titres et la rediffusion. Le contexte supplémentaire n’efface cependant pas le cœur de l’épisode : une femme décrite comme ivre a été filmée, un hôtel a été proposé et des propos sexuels et racistes ont été tenus, qu’Alonso lui-même juge déplacés.
La formulation précise est qu’Alonso a été accusé ou mis en cause pour harcèlement et que des médias ont ainsi qualifié sa conduite, et non qu’une condamnation ou une agression sexuelle prouvée existe. Sa défense conteste certaines extensions du récit, tandis que ses propres aveux confirment d’autres critiques sérieuses.